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Marcia Newman, rédactrice pour PremRawat.com, partage avec nous une conversation entre deux amis : Clive Conway, président de la Fondation Tutu-UK et Paul Bloomfield, attaché mondial des communications et relations publiques auprès de Prem Rawat, ambassadeur mondial de la Paix.

Cet entretien a eu lieu le 29 mars 2021.

Paul Bloomfield : Je vais commencer par raconter comment nous nous sommes rencontrés, Clive et moi. C’était il y a de nombreuses années, à la Chambre des Lords, au Parlement du Royaume-Uni. Clive avait entendu parler de mon travail à l’époque et m’avait invité à devenir ambassadeur de la Tutu Foundation-UK ; par la suite, je suis devenu un des membres du conseil d’administration dont Paul fait toujours partie.

Le soutien de Clive a été crucial pour arriver à la première collaboration des deux fondations : Tutu Foundation et The Prem Rawat Foundation (TPRF). En juin 2016, nous avons organisé un forum révolutionnaire au BFI, l’institut du film britannique, après la première au Royaume-Uni du film-documentaire, Inside Peace, lauréat de multiples prix. Les membres présents étaient son président, Lord Tom McNally, également tête du Conseil de la justice pour mineurs, et Peter Clarke, inspecteur en chef des établissements pénitentiaires du RU (ancien dirigeant de la branche anti-terrorisme de Scotland Yard) ainsi que d’autres personnalités des forces de l’ordre, du système judiciaire pénal et de l’Éducation pour la paix au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. tprf.org/fr/tprf-et-la-fondation-tutu-du-royaume-uni-sunissent-pour-rompre-le-cercle-vicieux-de-la-criminalite/

Vous avez grandement contribué au succès de cet événement, Clive. Vous ne le savez peut-être pas mais on est passé de 2 à 14 prisons qui proposent le Programme d’éducation pour la paix, au Royaume-Uni.

Clive Conway : Génial.

Paul Bloomfield : Clive est également « l’imprésario » de l’entreprise de production Clive Conway, qui est le moteur d’une série théâtrale intitulée : Une audience avec…, qui présente de façon créative un ensemble de personnalités, tels que des chefs d’états, des acteurs, des scientifiques et des journalistes. livecliveconwayproductions.com/index.html

Depuis quelques jours, avec Clive, nous réfléchissons à la possibilité de produire en ligne un One Man Show avec Prem Rawat.

PremRawat.com : Clive c’est un honneur de pouvoir vous rencontrer et parler avec vous aujourd’hui. Merci de vous être joint à nous.

J’ai toujours eu beaucoup de respect pour l’archevêque Desmond Tutu. Il a reçu le prix Nobel de la paix pour ses années d’activisme contre l’apartheid, la ségrégation raciale, l’injustice sociale et pour son engagement dans de nombreuses initiatives pour la paix. Clive, dis-nous comment et pourquoi tu as décidé de participer à la fondation Tutu-RU ?

Clive Conway : Avec mon entreprise nous voulions faire toute une série sur un ensemble de leaders mondiaux tels que Desmond Tutu. Nous avons mis en place une production avec Sir Trevor McDonald qui menait un entretien avec « l’Arch » (c’est ainsi qu’on l’appelle affectueusement en Afrique du Sud) qui a facilité une collecte de fonds pour la fondation Cape Town Tutu. (En 2014, Clive fut invité à devenir président de la fondation Tutu-RU). Il faut aussi que je vous dise que mon fils est marié avec la petite fille de Desmond Tutu, Nungi Ngomane. C’est donc ainsi que j’ai, par hasard, trouvé une femme pour mon fils !

(Mungi Ngomane, Activiste/Patronne de la Foundation/Auteure: Everyday Ubuntu: Living Better Together, The African Way).

PremRawat.com : La Fondation Tutu-RU, créée en 2007, est basée sur la connaissance et la sagesse du concept Ubuntu, pour les communautés de l’Afrique du Sud qui avaient choisi la réconciliation plutôt que la vengeance violente à la fin de l’Apartheid. L’Ubuntu est une pratique puissante, Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Clive Conway : Desmond Tutu dit en parlant de l’Ubuntu : « J’existe parce que tu existes et nous sommes tous interdépendants » Nous avons tous grandi croyant être indépendants les uns des autres, pourtant ce n’est pas le cas.

PremRawat.com : Oui c’est si vrai. Prem parle aussi de trouver ce que nous avons en commun plutôt que de nous concentrer sur nos différences.

Clive Conway : Je vois une légère différence entre la philosophie de Desmond et l’approche de Prem, mais tous deux font un travail formidable dans le monde. Prem parle de chercher en soi afin de créer quelque chose de meilleur. La philosophie de Desmond est centrée sur le Je-Tu, qui met l’emphase sur la connexion entre deux individus.

Paul Bloomfield : Ce que Clive vient de dire me semble très intéressant. C’est comme si ce que Prem fait et ce que les tables rondes d’Ubuntu de Desmond Tutu font, se complètent vraiment. Le Programme d’éducation pour la paix de TPRF pourrait être l’huile qui ôte la rouille des gens afin que les conversations lors des Tables rondes d’Ubuntu aient un plus grand impact. Et c’est effectivement ce que nous avons constaté durant certaines activités dans le milieu carcéral, comme en Inde.

PremRawat.com : Puisque nous parlons de collaboration, travaillez-vous ensemble sur autre chose ?

Clive Conway : Ma société de production connait la plupart des théâtres ici tout comme à l’étranger. Nous avons donc suggéré ceux qui pourraient convenir ainsi que des présentateurs/présentatrices. Prem a de nombreux admirateurs partout dans le monde. Nous sommes très désireux de trouver une nouvelle audience pour Prem au Royaume-Uni. J’ai toujours dit à Paul que la meilleure émission pour Prem serait « Desert Island Discs » qui est très connue sur Radio BBC.

PremRawat.com : Ici, aux États-Unis, cette émission est inconnue. Pouvez-vous nous en dire plus.

Clive Conway : « Desert Island Discs » est une émission qui a le même format astucieux depuis plus de 50 ans (la première émission a été diffusée en 1942). On demande à l’invité de sélectionner huit chansons, un livre et un objet précieux qu’il pourrait emmener avec lui sur une ile déserte mythique. Chaque invité raconte sa vie avec la musique de son film. Prem a l’histoire la plus extraordinaire de tous à raconter et cela devrait se passer un jour, je crois.

J’ai rencontré et écouté Prem plusieurs fois, au Cap en Afrique du Sud et à Londres. Il raconte des histoires et tu te dis, tout en écoutant : « Mais où veut-il en venir  ? » Puis, il termine son histoire,  la boucle est bouclée et tout à coup tu comprends. C’est génial.

PremRawat.com : Parlez-nous encore des projets de la Fondation Tutu-RU, tels que les Tables rondes d’Ubuntu, centrées sur un sujet très opportun, l’amélioration des relations entre les jeunes et la police dans les communautés. Est-ce un projet organisé par les jeunes ?

Clive Conway : Oui. Il y a de merveilleux jeunes hommes afro-antillais qui ont traversé tant de choses déjà et qui ont décidé de renforcer leurs efforts en devenant des animateurs pour le changement. La structure du projet reconnaît les inégalités de pouvoir entre les jeunes Noirs et la police ainsi que le besoin de travailler ensemble vers une résolution. Ce travail comporte des exercices formateurs et des jeux de rôle soigneusement élaborés afin de provoquer des conversations honnêtes entre les jeunes et la police, au sujet de la violence de gangs dans les quartiers, de crimes liés à la drogue et de meilleures méthodes d’interpellations et de fouilles, ainsi qu’une absence de riposte lorsqu’une des parties impliquées exprime son opinion. Le but est d’établir un respect et une confiance mutuels dans les communautés de Londres. Nous sommes également en train d’introduire ces façons de faire dans le township de Langa au Cap. (Langa a été construit en application de l'Urban Areas Act de 1923, pour forcer les Africains à s’établir dans des quartiers séparés. Le nom de Langa signifie « soleil » en xhosa.)

La fondation Tutu-RU (TFUK) est également en Irlande du Nord, où elle aide les leaders communautaires à diminuer le nombre de conflits violents et intergénérationnels. Belfast est l’une des communautés les plus divisées du Royaume-Uni et elle va continuer à bénéficier du travail de TFUK et du soutien très apprécié d’autres organisations. tutufoundationuk.org/

Notre fondation a en outre réussi à introduire un rapport exhaustif sur le racisme institutionnel qui existe au sein du Trust Westway. Ce modèle de rapport extrêmement détaillé permet d’aider les échanges entre les membres du conseil de Westway et ceux de la communauté. Ce modèle de rapport

 est maintenant pris en considération dans d’autres villes, telles que le Cap, qui font l’expérience du racisme institutionnel. La Fondation Tutu a deux projets supplémentaires : un sommet annuel de la paix avec l’université Regent’s à Londres et le développement de protocoles de médiation pour les services de santé nationaux (NHS).

PremRawat.com : C’est clair que ce sont des projets importants qui demandent un apport financier soutenu. La Fondation Prem Rawat est un fier sponsor de la Fondation Tutu-UK.

À votre tour, Paul : Y a-t-il d’autres aventures collaboratives que vous explorez avec Clive ?

Paul Bloomfield : Nous parlons régulièrement avec Clive. Ça a été un peu difficile avec le Covid, car toute réunion avec Clive dure un minimum de cinq heures et doit comporter un déjeuner (Clive sourit et acquiesce). Après le Covid, nous espérons avoir une autre collaboration entre La Fondation Prem Rawat et la Fondation Tutu-UK. Nous échangeons des idées et nous examinons différentes possibilités. Il faut que vous sachiez que Clive et son réseau de distribution n’ont pas de pareil au Royaume-Uni. Il a des contacts incroyables, en particulier auprès des médias et plus spécialement avec la BBC. Même l’agence de relations publiques que nous avions engagée il y a quelques années, nous avait été suggérée par Clive.

D’ailleurs, lors de l’une de leurs formations aux relations publiques, Prem avait eu affaire à un interviewer de l’émission BBC HARDTalk, qui est connue pour son style agressif. Je ne l’oublierai jamais. L’interviewer avait commencé en douceur puis il était devenu de plus en plus dur jusqu’au point d’être carrément brutal. Prem souffrait encore un peu du décalage horaire et c’était juste après l’heure du déjeuner, il a donc commencé un peu lentement. Puis il s’est mis à leur renvoyer des réponses de plus en plus fortes. C’était un peu comme si, plus les questions étaient dures, plus les réparties de Prem étaient puissantes.

PremRawat.com : Merci de nous avoir raconté cela, Paul. À un niveau plus personnel, je sais que Londres est touchée par une autre souche de virus. Comment tenez-vous le coup, Clive ?

Clive Conway : Le COVID-19 a vraiment séparé les gens et en même temps il a fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en eux. Pour dire la vérité, je crois que nous sommes tous très déprimés, à différents niveaux et pour des raisons différentes. Nous sommes faits pour vivre ensemble.

PremRawat.com :  En effet, ces temps difficiles continuent. Comment nourrissez-vous votre cœur ? J’ai appris que vous êtes flûtiste de formation classique, et j’ai vu que vous aviez donné des concerts en tant que concertiste et musicien de chambre et que vous aviez enregistré des albums. Est-ce que vous jouez toujours de la flûte ?

Clive Conway :  Oui, j’aime beaucoup en jouer. Quand je faisais mes études à l’Académie royale de musique, j’étais seconde flûte, pas première. Mais du coup, j’ai eu la chance d’être assis à côté d’Annie Lennox qui était troisième flûte (rire).

PremRawat.com : On dirait que ça en a valu la peine ! Avant de conclure, y a-t-il autre chose que vous deux aimeriez ajouter ?

Clive Conway :  C’est assez incroyable de rencontrer quelqu’un comme Prem. Son esprit est extraordinaire. Il est très lucide et il ne se laisse pas distraire par les choses.

J’aimerais annoncer qu’en l’honneur du 90e anniversaire de « l’Arch », en octobre 2021, la Desmond et Leah Tutu Legacy Foundation, basée au Cap, inaugurera l’exposition « Truth to Power » (La vérité au pouvoir). Celle-ci célébrera le militantisme de Desmond Tutu, au cours d’une vie qui représente « de bien des façons... le triomphe du Bien sur le Mal », comme le disait Emilia Potenza, la conservatrice du Musée de l’Apartheid. 

Paul Bloomfield : Je suis en Afrique du Sud ces jours-ci grâce aux incroyables êtres humains impliqués dans ce que nous faisons, que ce soient les jeunes des Tables rondes d’Ubuntu ou l’équipe de TPRF, venue de Soweto. C’est un groupe de personnes fantastiques. Leur énergie et leur enthousiasme sont complètement contagieux. J’ai confiance dans le fait que la Tutu Foundation UK, tout comme The Prem Rawat Foundation, vont avoir un impact profond ici.

PremRawat.com :  Merci à tous les deux ;  vous avez un don unique pour connecter les gens et vos contributions humanitaires ont un impact positif tout autour du monde. Merci Clive d’avoir partagé vos expériences avec nous. Prenez bien soin de vous !

(À ce stade de l’interview Zoom, Clive se déconnecte et Paul Bloomfield continue. )

Paul Bloomfield : Je suis témoin, sur le vif, de tant de choses avec Prem, tant d’histoires qui, prennent place à tout moment, je n‘arrive pas à les suivre toutes. Par exemple les histoires avec Clive ; celui-ci a tellement bon cœur. Clive est une personne extrêmement généreuse. 

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’archevêque Tutu quatre fois. Je me rappelle la fois où j’étais allé à son bureau au Cap. L’archevêque avait demandé à tout le monde de s’arrêter pour prendre le thé et de s’asseoir en cercle. J’étais là pour organiser sa rencontre avec Prem, il m’invita à prendre place à côté de lui. L’archevêque Tutu me parla pendant que quelqu’un prenait des photos. Ce fut un moment très sympa.

La première rencontre de Prem avec l’archevêque Tutu a eu lieu dans un hôtel à Johannesburg. L’archevêque revenait de voyage, à l’occasion du 20e anniversaire de la fin de l’apartheid. Il revenait juste de l’Union européenne (UE) et il était déprimé. Il nous a confié que « les rapaces blancs avaient été remplacés par des rapaces noirs ». Prem lui a répondu : « Avec ma petite lumière et votre grande lumière, nous pouvons élever le monde. Nous pouvons le faire, c’est faisable. » Je m’en souviendrai jusqu’à la fin de ma vie.

C’est une année d’anniversaires importante : le 50e anniversaire du départ de Prem de l’Inde pour l’Occident (Londres) et l’Amérique (Los Angeles) et les 55 ans depuis il est devenu maître. Ce sera aussi le 20e anniversaire de TPRF et le 30e anniversaire d’Amaroo (centre international de retraite au Queensland, en Australie). Et ce sera le 10e anniversaire du Pledge to Peace (Engagement pour la paix) au Parlement européen.

Quand on est débordé, on perd de vue le tableau d’ensemble. Ce qui s’est passé ces 10 dernières années est extraordinaire : il y a eu les diffusions en direct, le démarrage de TPRF et du Programme d’éducation pour la paix, le PEAK (Paix, Éducation et Connaissance), TimelessToday, PremRawat.com, la chaîne YouTube de Prem, les Podcasts « Les essentiels de la vie », sans compter les émissions de radio et de télévision avec Prem et la publication de ses livres. Rien de cela n’existait il y a 10 ans, j’ai fait une liste de tout ce qui s’est passé entre temps. Toutes ces choses sont maintenant en place, la piste est dégagée, c’est l’heure de décoller, et nous sommes prêts !