Gallery
Feature on Home
Feature order
0
Watch
Watch Title
Watch Duration
Subtitle track

Marcia Newman, rédactrice de PremRawat.com, s’est entretenue récemment avec Lumka Ngxoli, une jeune porte-parole auprès des médias de 32 ans. Lumka vit au Cap en Afrique du Sud et a interviewé Prem Rawat en de nombreuses occasions depuis mai 2015, lors de son apparition sur l’émission de radio « Wild Wise Women » (« Femmes sages et sauvages ») et à l’université TSIBA.

En 2016, un entretien entre Lumka et Prem a été diffusé sur SABC (South African Broadcasting Corporation). Pour le retour de Prem en Afrique du Sud en 2017, Lumka avait organisé la visite d’une école élémentaire en « zone rouge » et avait eu ensuite une conversation animée avec Prem et Madame Rawat, dans un café.

PremRawat.com : J’ai lu et écouté avec beaucoup de plaisir certains de vos entretiens avec Prem Rawat. On sent que vous vous amusez beaucoup, tout en explorant toutes sortes de sujets. Depuis beaucoup de choses se sont passées pour vous et dans le monde. Dans ces interviews, j’entends, je vois cet esprit indépendant et cette transparence rafraichissante qui vous caractérisent. Vous avez mentionné le fait que vous avez la réputation de ne pas avoir de filtre. Quand et comment avez-vous développé votre esprit indépendant ?

Lumka : C’est ce que m’a transmis la personne qui m’a élevée, une femme célibataire, noire, en Afrique du Sud. À un très jeune âge, ma maman nous a appris à trouver notre voix et à avoir le courage de nos convictions, ce qui n’est pas forcément du goût de tous. J’ai appris que je pouvais faire partie de la solution ou faire partie du problème. Lorsque j’étais enfant, en plein apartheid, ma maman travaillait dans un quartier où les noirs étaient interdits. Pas loin de là se trouvait l’école maternelle où j’étais élève, et qui n’était pas censée accueillir des enfants noirs (voir photo). Chaque fois que l’inspecteur de police venait, on me cachait dans les toilettes. Très jeune, j’ai développé la capacité d’accepter tous les gens, de communiquer et d’avoir une compréhension en profondeur de ce qui se passait Je crois que mon esprit indépendant était ma technique de survie pour arriver à créer une communauté, même avec des gens qui ne me ressemblaient pas.

PremRawat.com : La pandémie du Covid-19 a dévasté tant de vies au Cap. Comment tenez-vous le coup ? Que faites-vous ces jours-ci pour rassasier votre cœur ?

Lumka : Ça a été difficile ici, particulièrement au début, en avril.  Les cambriolages, (manque de sécurité) et la violence sexuelle fondée sur le genre ont augmenté. J’avais beaucoup de peurs que j’ai dû balayer sous le tapis : j’ai dû me connecter à ma paix intérieure et me servir vraiment des leçons apprises dans le Programme d’éducation pour la paix. J’avoue que j’avais mes doutes au sujet de ce programme. Mais quand je me suis remise à regarder les DVD sur l’espoir et l’appréciation, ça m’a aidé à reprendre mon souffle. Ces ressources intérieures sont en moi et mon cahier de participant m’a aidée à m’en rappeler. Ça m’a permis de respirer à nouveau et d’exister sans cette peur.

PremRawat.com : Ceci me rappelle votre conversation avec Prem en 2017, sur Cape Town TV. Il vous a complètement prise au dépourvu en déclarant qu’il voulait vous interviewer d’abord. Il l’a fait et, à un moment, il vous a demandé : « Vous voyez-vous arriver un jour au point où vous êtes vraiment qui vous êtes ? » Lumka, vous sentez-vous arrivée à ce point dans votre vie ?

Lumka : Je me souviens de cette question. Je dois dire que cette année, c’est vraiment ce qui est arrivé. La première fois que j’ai rencontré Prem, j’étais une gamine de 24 ans qui s’était construite un petit monde parfait. Mais plus je posais de questions à Prem, plus ma boîte de pandore se fissurait. Finalement elle a explosé et j’ai dû me faire face. En toute honnêteté par rapport à moi-même, je peux dire qu’effectivement, pendant le confinement, j’ai bouclé la boucle. J’étais ouverte à cette possibilité et j’ai enfin commencé à comprendre les 10 valeurs du Programme d’éducation pour la paix. Et j’ai trouvé le courage de faire face à toute cette peur sinistre.

PremRawat.com : Avez-vous pu regarder des épisodes de la série En Confinement, sur le site de Prem ?

Lumka : Oui, j’ai pu le faire et je trouve que c’est une des meilleures choses qu’il n’ait jamais réalisées. Ça a aussi beaucoup aidé certaines personnes qui n’avaient pas eu la chance de suivre le Programme d’éducation pour la paix ou de l’entendre en personne. Nous voulons arriver localement à une diffusion audio hebdomadaire du message de Prem.

PremRawat.com : Vous avez parlé avec Prem du désir que plus de jeunes Africains puissent entendre son message de paix. Quel message particulier trouveriez-vous utile pour la jeunesse africaine en ce moment ? Quel est le genre de ressources qui vous seraient le plus utiles ?

Lumka : Pour les jeunes Sud-Africains, il faut que le Programme d’éducation pour la paix soit très divertissant et interactif. Nous devons nous connecter avec chaque groupe de personnes à leur niveau. L’un de mes objectifs est de présenter le Programme d’éducation pour la paix au plus haut niveau du gouvernement (le Parlement), pour permettre à chacun d’y avoir accès. Je veux aussi aider à réduire la violence faite aux femmes, qui a des racines très profondes dans notre culture. Beaucoup de jeunes filles et de femmes croient encore que le viol est une chose normale. J’aide à enseigner aux jeunes femmes à se battre contre cette graine de sexisme et contre ces énergies violentes dont notre société n’a pas besoin.

PremRawat.com : À propos de jeunesse, en 2017, Prem a rendu visite à une école de la « zone rouge », à Sebokeng. Vous y étiez, ainsi que son équipe de tournage. Comment cela s’est-il passé ?

Lumka : Ce fut incroyable et très émouvant pour moi. Une « zone rouge » est un quartier où le gouvernement a très peu investi. On les appelle les « espaces oubliés ». Pendant que je planifiais la visite de l’école, je ne voyais pas ou ne savais pas vraiment quel serait l’impact de la visite de Prem. Quand nous sommes arrivés à l’école, beaucoup d’élèves étaient assis comme des petits militants, très renfermés sur eux-mêmes. Pour ces enfants c’est normal d’entendre des coups de feu ou d’avoir des parents qui se droguent. Il y avait une petite fille de 6 ans qui n’arrêtait pas d’aller à l’équipe de tournage pour recevoir des câlins. Ses parents étaient morts et elle avait subi de mauvais traitements. Il y a des enfants à qui on a appris la langue de l’abus, de l’agression, de la défense et de la dissimulation. Et voilà cet homme qui se tient devant eux et qui ne fait pas cela. Prem a maintenu pour eux un espace sûr et a réintroduit leurs jeunes esprits aux valeurs qu’ils possèdent mais dont ils n’avaient souvent pas fait l’expérience. Ces jeunes enfants devraient être en train de jouer à Cendrillon ou à Spider Man, bon sang ! Au lieu de cela, ils ont déjà rencontré plus de difficultés que la plupart des gens ne le feront dans une vie entière. Cette école m’a fait pleurer.

Lumka Ngxoli Pre School

Lumka : Payer quelqu’un pour nous construire une maison et revenir pour la trouver entièrement bâtie est une chose. C’est complètement différent quand on peut être témoin de la transition de l’obscurité à la lumière, comme ici pour ces jeunes esprits. Et du coup, qu’ils aient maintenant carrément de l’espoir. En quittant l’école, nous pouvions voir tous ces enfants dont les défenses étaient en train de fondre. Ils ont couru derrière Prem, en souriant et en criant de joie.

PremRawat.com : Merci mille fois d’avoir partagé ça. Si vous êtes d’accord, passons à tout autre chose : parlons de cuisine. Dans l’une de vos interviews, vous avez évoqué avec Prem et Mme Rawat l’idée innovatrice d’avoir une émission de cuisine. Elle pourrait être filmée lorsque Prem voyage. Il pourrait s’adresser aux gens depuis des endroits différents dans le monde, tout en incorporant leur cuisine locale.

Lumka : Oui ! Ça m’intéresserait beaucoup de braquer une caméra sur « l’homme derrière le message ». Je veux aider à raconter son histoire par l’intermédiaire d’une émission de cuisine ou d’un documentaire. Je crois aussi que ça aiderait les gens à apprécier le Programme d’éducation pour la paix dix fois plus. Je raconte toujours aux gens que Prem a un des esprits les plus créatifs et les plus beaux que le monde ait à offrir. Franchement, il met les gens complètement à l’aise et il leur donne tout l’espace pour s’épanouir et apprendre à se connaître eux-mêmes. Et il est super drôle !

PremRawat.com : Prenant en compte toute votre expérience avec Prem Rawat, est-ce que nous avons oublié quelque chose ? Autre chose que vous aimeriez partager ?

Lumka : Je viens d’obtenir un créneau mensuel pour Prem sur une station de radio jeune et cool, qui est rediffusée dans toute l’Afrique du Sud. Trouvons moyen d’augmenter la diffusion de son message auprès des jeunes Africains afin de produire de nombreux Ernests, Annes* et Lumkas. Construisons vraiment une fondation de paix solide.

* En hommage à Ernest Leketi (Département du Développement de la jeunesse à Johannesbourg) et à Anne Wolfson pour leur promotion active des ateliers Programme d'éducation pour la paix en Afrique du Sud, y compris à la prison Zonderwater.