En confinement avec Prem - 67e jour - audio

« La paix que vous portez dans votre cœur, est la vraie paix, celle qui ne cherche pas de raison d'être, mais qui existe depuis des temps immémoriaux. » – Prem Rawat

Radio Jacaranda 94.2 FM

Invitation au petit déjeuner avec Rian van Heerden, Johannesburg, Afrique du Sud

Avec Prem Rawat

 

Rian van Heerden :

C'est un immense plaisir d'avoir Prem Rawat dans l'émission de ce matin. Il voyage et parle de la paix depuis son enfance.

Il a également déclaré : « Nous savons tous à quoi ressemblent les symptômes de cette maladie : la cupidité, la guerre, l'égoïsme, la violence et une perte de confiance croissante. La paix est une chose réelle, la paix réside dans le cœur de chaque être humain. La paix doit émaner de chacun d'entre nous. »

Prem Rawat est avec nous.

Bonjour à vous, monsieur.

Prem Rawat :

Merci. C'est un plaisir d'être ici.

Rian van Heerden :

Je connais très peu de gens qui peuvent intéresser un public comme vous le faites. Hier encore je regardais votre conversation à Boston, dans le Massachusetts, vous aviez des choses profondes à dire, je pense que l'une des choses les plus importantes que j’ai apprises de vous est que nous devons découvrir ce qui nous rend heureux.

Prem Rawat :

Oui.

Rian van Heerden :

Et la même chose nous rend tous heureux, n'est-ce pas ?

Prem Rawat :

Oui, c'est la même chose, c'est un besoin fondamental. La paix n'est pas un luxe, la paix n'est pas un mot, en fait la paix est une chose que l’on ressent, comme la faim, comme le besoin de dormir, comme le besoin de manger, de boire, de respirer l'air, le fait est que nous avons besoin de paix dans notre vie, car sans cette paix, nos fonctions de base se détériorent, ce qui sous-tend notre pensée s'effondre, nos perceptions se désintègrent et nous ne pouvons plus fonctionner correctement en tant qu’êtres humains. Voilà pourquoi la paix est importante dans ce monde.

Texte à l'écran :

La vraie paix

Prem Rawat à Langa, Le Cap, Afrique du Sud

Prem Rawat :

Qui sommes-nous ? Que sommes-nous ? Que signifie le fait d’être ici, sur terre ? Et ce souffle qui vient en vous ? Que signifie être en vie en réalité ?

Que voulons-nous ? Voulons-nous surmonter un problème ou voulons-nous tracer une route pour l'avenir ? Voulons-nous nous occuper de certains problèmes ou voulons-nous créer une autoroute vers un avenir qui englobe chaque personne ? C'est la décision que nous devons prendre en tant qu'individus, et non en tant que société, mais chacun d'entre nous : que voulons-nous dans la vie ? Qu'est-ce qui est important ?

La paix, comme l'a dit le membre du Conseil municipal, c’est très facile d’en parler, très difficile à atteindre, pourquoi ? Si elle est si ardue, si elle est tellement hors de portée, alors pourquoi le concept de paix existe t-il, pourquoi même l'idée de la paix ?

Parce que chacun, 7 milliards et demi de personnes sur terre, a sa propre idée de ce qu'est la paix. Cette paix que vous portez dans votre esprit n'est pas la vraie paix. La paix que vous portez dans votre cœur est la vraie paix, celle qui ne cherche pas de raison d'être, mais qui existe depuis des temps immémoriaux pour ceux qui l'ont appréciée et accueillie dans leur vie.

La paix peut-elle exister au milieu d'un champ de bataille ? Quel meilleur endroit pour elle ? La paix peut-elle être vécue au milieu du chaos ? Quelle meilleure scène et quel meilleur contraste que celui-là ? Et c'est pour ça que les batailles se déroulent là, et que la paix danse là. Les deux dans le même vaisseau, dans la même personne, au même moment, comment est-ce possible ? Mais c'est le cas.

À quelle distance l'obscurité se trouve-t-elle de la lumière ? Dites-moi, quelle est la distance entre l'obscurité et la lumière ? Lorsque vous éteignez la lumière, en combien de temps l'obscurité apparaît ? Deux minutes ? Trois minutes ? Quatre minutes ? Ou bien instantanément ? Voilà la relation entre l'obscurité et la lumière : la lumière n'est jamais loin de l'obscurité et l'obscurité n'est jamais loin de la lumière, jamais. Tout ce que vous avez à faire, c'est être là où elle est, là où vous voulez être.

Vous voulez le mal, vous voulez accueillir le mal ? Accueillez le mal et vous ressentirez le mal, il influencera votre vie et vous entraînera vers le bas, vous fera déprimer, et que deviendrez-vous ?

La cupidité est-elle une marque de force ou de faiblesse ? La cupidité est-elle le signe de la force ou de la faiblesse ? je vous le demande, qu'en pensez-vous ? La cupidité est un signe de faiblesse, pas de force. La lutte pour le pouvoir est signe de faiblesse.

Avez-vous vu Star Wars, l'ancien, l’avez-vous déjà vu ? N'est-ce pas la scène la plus géniale, quand les commandos sont là ? Et que le type, Obi-Wan Kenobi, dit : « Inutile de vérifier leurs papiers » et qu’ils répondent : « Inutile de vérifier, bon, d'accord. » Pas besoin d'armes, pas besoin d'armes, la force !

La force vient de l'intérieur d'un être humain. C'est là qu'elle réside, c'est là que vous devez aller pour être en contact avec elle.

Et je n'ai pas raconté cette histoire ici, mais je l'ai racontée lors du lancement du livre et je l'avais racontée à la prison de Malmesbury où je suis allé, je vais la raconter ici aussi.

Il était une fois un village avec un chef. Un jour, un jeune garçon est allé voir le chef et a dit : « Chef, j'ai une question ». Le chef a dit : « Laquelle ? » l’enfant a dit : « Pourquoi certaines personnes sont bonnes parfois et ces mêmes personnes sont mauvaises d’autres fois ? Comment se fait-il que certaines personnes soient bonnes parfois, et ces mêmes personnes, mauvaises d’autres fois ? »

Et le chef a répondu : « Il y a deux loups en chacun d’entre nous, un bon loup et un mauvais loup, et ils se battent. » Alors le garçon a demandé : « Chef, pourquoi se battent-ils ? » Et le chef a expliqué : « Pour avoir la suprématie, pour te prendre sous leur contrôle, c'est pour ça qu'ils se battent. » Alors le garçon a un peu réfléchi et dit : « Chef, quel loup gagne ? Quel loup gagne ? » Et le chef a dit : « Celui que tu nourris. »

Qu'en pensez-vous ? Cette histoire vous plait ? Elle se termine abruptement et elle donne à réfléchir : « Bien sûr, le loup que je nourris est le loup qui va gagner. »

Laissez-moi vous demander, quel loup avez-vous nourri ? Quel loup avez-vous nourri ? Vous n'avez pas à me répondre, répondez simplement à vous-même, honnêtement, « quel loup avez-vous nourri ? »

« Je ne veux pas nourrir le mauvais loup car si je nourris le mauvais loup, je détruis ma vie ! Je détruis mon temps qui ne reviendra jamais, il ne reviendra jamais, il ne changera jamais. » C'est la décision qu’il nous faut prendre chaque jour : « Que voulez-vous dans la vie ? »

Quel loup voulez-vous nourrir ? Sur quoi voulez-vous vous appuyer, sur votre cœur ? Sur votre sagesse ? Votre compréhension ? Votre connaissance ? Ou voulez-vous vous appuyer sur tout ce que les autres vous ont dit ? C'est l'objectif du Programme d'éducation pour la paix, le Programme d'éducation pour la paix vous concerne vous, pas les autres personnes.

Partout où je vais, je vois que les gens sont complètement séduits les uns par les autres : « Qu’est-ce que les autres pensent de moi, que pensent-ils, est-ce qu'ils m'aiment ou pas, que vont-ils dire ? Qu'en est-il de mon entreprise, de mon ci et de mon ça ? S'agit-il de ça ?

C’est votre vie, celle qui vous a été donnée, à vous en tant qu'être humain. Où vous placez-vous, où se trouve votre place dans ce monde ? Il a fallu des millions et des millions d'années d'évolution pour vous soyez sur terre, pour que vous soyez là aujourd'hui, pensez-vous que c'est une erreur ? Pensez-vous que c'était le fruit du hasard ? Non, il a fallu des millions d’années d'évolution pour votre présence sur terre.

Un souffle entre, un souffle sort et vous êtes en vie. Votre palette est pratiquement infinie ! Ce que vous pouvez ressentir, ce que vous pouvez exprimer, pouvez savoir, pouvez comprendre, qui vous pouvez être, il n'y a aucune limite !

Mais c'est le domaine du cœur, c'est le domaine du savoir, c'est le domaine des personnes qui ont compris leur dignité et qui n'ont aucun problème à offrir la dignité aux autres. Vous vous liez à un autre être humain parce qu'il est vivant et que vous êtes vivant, pas à cause d’intérêts communs : « Oh, tu aimes la musique, j'aime la musique, nous sommes amis. »

Non : « Tu es en vie, je suis en vie, nous sommes amis. » Ce jour-là, le monde changera, ce jour-là, le monde va changer, non pas parce que « tu parles telle langue et moi aussi, nous sommes amis », mais parce que « tu es vivant et je suis vivant, nous sommes amis. »

Voilà la possibilité, si vous voulez l'accepter. Je ne suis pas ici pour vous faire un sermon, je n'ai rien à prêcher. Je veux susciter quelques pensées pour que vous puissiez réfléchir par vous-même.

Car si vous avez déjà ressenti votre cœur, vous savez ce qui est important pour vous, si vous avez déjà ressenti votre vie, vous savez ce qui est important pour vous, et si vous êtes ici, c’est parce que vous voulez vraiment la paix, vous savez que la paix n'est pas loin de vous, elle ne l'a jamais été, car elle danse dans le cœur de chaque être humain.

Quoi que vous fassiez ou ne fassiez pas, ne nourrissez jamais le mauvais loup parce que ce loup gagnerait. Ce n'est pas l'histoire que vous voulez.

Vous devez forger votre propre histoire, personne ne le fera pour vous. Personne ne va forger votre vie, vous devez le faire vous-même. Et ce feu n'amène parfois que déception, mais même dans cette déception, ce métal en fusion tourbillonne et se transforme. C'est parfois ce qu'est la transformation, c'est parfois cela la transformation.

Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il lorsque vous prenez de l'argile, de la terre, de la boue, et que vous les mélangez à l'eau ? C'est ce que les gens ne veulent pas sur eux, c'est ce que les gens ne veulent pas, une voiture passe et les éclabousse d'eau mélangée de terre, et vous dites : « Oh mon Dieu, je suis sale, je suis sale ! »

Mais si on prend la même boue, on la pétrit, la pétrit, la pétrit, on la place sur le tour et on la modèle… on la modèle et on en en fait une magnifique poterie.

Puis on prend cette poterie, on la met au four, elle y reste un moment pour la cuisson. Et quand elle sort, la même boue qui s'est retrouvée sur vos vêtements gratuitement et qui vous a fait paniquer, maintenant vous allez l’acheter et elle va décorer votre maison.

C'est la transformation, la transformation. Et vous devez laisser cette même transformation se produire pour vous-même.

Tout le monde, dans le monde entier, je ne vais même pas dire à Langa, ou en Afrique du Sud, je dis que le monde entier doit s'unir !

Le monde entier doit s'unir pour s'occuper de tous les problèmes absurdes auxquels il est confronté, afin de pouvoir tracer une route vers l'avenir, un avenir dans lequel il y ait prospérité, paix et dignité. En fait, d'abord la dignité, la paix, et ensuite la prospérité. C'est ainsi que ce doit être, pas seulement pour aujourd'hui, mais pour des générations et des générations à venir.